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Des news de Lecsinel Jean-François…Un nouveau départ pour l’Ecosse ?

08 Déc
 
Interview N°191 : Lecsinel JEAN-FRANCOIS
(sans-club/ex-CFA PSG)
 

 

Fiche d’Identité =

Né le 02/10/86 à Cayenne (GUY)

1m88-83kg

Défenseur/Milieu défensif

Carrière =

– Aubervilliers (-13ans)

– Red Star (-15ans Nat)

– PSG (16ans Nat-18ans Nat-CFA)

– CS Sedan (04-05 à Déc.05/CFA2)

– Falkirk (Janv.06 à Juin 06/D1)

– Guingamp (06-07 et 07-08/L2-CFA)

– sans-club depuis juillet 2008


"J’ai été victime de préjugés au PSG…"

1-      Comment as-tu a été recruté par le PSG ?

 

Je jouais au Red Star 93, en -15 ans Nationaux. Le PSG me suivait depuis la première moitié de saison. De plus, le fait d’appartenir à la sélection de la Seine-Saint-Denis m’a permis d’attirer l’attention. Ils m’ont réellement contacté en 15 ans deuxième année.

 

2-      Comment s’est déroulée ton intégration au PSG ?

 

La première année fut assez difficile. J’ai signé au PSG en étant blessé (fracture cheville). Etant donné que j’étais en phase de reprise, j’avais un peu de retard par rapport à mes nouveaux coéquipiers. Tous les autres se connaissaient depuis Verneuil, alors qu’il s’agissait de ma première année au sein d’un CFA. J’étais « la » seule recrue.

 

3-      Comment était la vie au centre ?

 

Comme je n’étais pas loin de Saint-Denis, je rentrais tous les week-ends dans ma famille. Cette coupure me faisait du bien. La grosse charge de travail infligée au PSG était nouvelle pour moi. Avoir deux entraînements par jour et l’école en parallèle n’est pas évident à suivre. J’ai donc eu quelques difficultés liées à la fatigue. De plus, je n’ai pas beaucoup joué en 16 ans Nationaux lors de ma première année au club. Il est vrai que j’avais quelques lacunes dans le jeu par rapport à mes coéquipiers.

 

4-      Qu’est ce qui t’a le plus impressionné au PSG ?

 

Les infrastructures n’étaient pas géniales par rapport à aujourd’hui…Les transferts des pros en navette vers leur terrain d’entraînement me faisaient bien rire aussi…Hallucinant pour un tel club ! Sinon, j’y ai beaucoup progressé, beaucoup gagné en maturité. Les coachs étaient très exigeants avec moi…Je ressentais que l’on comptait beaucoup sur moi, même si ce n’était pas le coach en place qui m’avait recruté. Mais à cette époque, les jeunes avaient très peu de chance de réaliser une carrière professionnelle au PSG.

 

5-      Quels étaient tes coéquipiers les plus prometteurs ?

 

Thomas Gamiette, Jonathan Tokplé, Julien Chendri, Abdoulaye Soumbounou…Nous avions une bonne génération ! Pourtant, ceux qui ont réussi ne sont pas forcément ceux qui étaient les meilleurs du moment…Certains ont eu leur chance car le PSG avait investi sur eux financièrement…Alors le PSG leur a offert un projet sportif. Ces joueurs ont gagné en confiance, alors que les autres étaient plus là pour faire le nombre.

 

6-      Comment te positionnais-tu par rapport à la concurrence ?

 

J’ai très mal vécu ma première saison à ce niveau-là…Je venais du Red Star où j’avais joué tous les matches. Il était très difficile d’être régulièrement sur le banc. Pourtant, j’avais beaucoup réfléchi avant de signer au PSG. Mais le staff m’avait garanti beaucoup de choses, et à l’arrivée très peu se sont réalisées…Paris était le premier club à m’avoir sollicité, malgré le fait que je sois plâtré pour ma fracture à la cheville, ils m’ont montré beaucoup de confiance. J’ai cru à leur discours…Toutefois, je n’ai pas de regret, j’y ai beaucoup progressé.

 

7-      Quels y sont tes meilleurs souvenirs ?

 

Ma deuxième année en 18 ans. J’étais parti pour être remplaçant en début de saison. J’ai eu une discussion avec le coach qui m’a choisi pour remplacer un titulaire habituel lors du premier match de championnat contre Toulouse. J’ai su saisir ma chance et gagner ma place pour le reste de la saison  lors de ce match.

 

8-      Et les moins bons ?

 

Ma non-convocation pour les play-offs en 16 ans nationaux. Le coach ne m’a pas pris en alignant un 14 ans à ma place…

 

9-      Avec qui t’entendais-tu le mieux et pourquoi ?

 

Avec Zoumana Bagayoko. Un mec qui ne se prend pas la tête, de calme, gentil…Il n’a aucun problème avec quiconque, un type bien !

 

10-  Es-tu resté en contact avec certains ?

 

Geoffroy Da Costa et Jérémy Gazeau, sinon on discute avec certains par le biais d’internet.

 

11-  Quelle personne t’a le plus marqué parmi le staff lors de cette période ?

 

Yvon. Son soutien en tant que dirigeant bénévole m’a touché.

 

12-  L’après-PSG fut-il difficile à vivre ?

 

Surtout confus…Lors des convocations de fin de saison pour savoir si chacun d’entre-nous étaient reconduits ou non, je fus appelé le dernier. Ils m’ont dit qu’ils n’avaient rien à me reprocher, que j’avais réalisé une grosse saison, avec de très bons matches, sans expulsion, bref rien à redire…Ils m’ont montré mes stats, et contre toute attente celles de l’année précédente. Et à cet instant, ils m’ont dit qu’ils allaient réfléchir, mais que c’était à moi de décider si je prolongerais ou non…J’ai ressenti comme un malentendu avec le directeur de l’époque. Il « n’aimait pas ma tête ». D’ailleurs, je n’étais pas le seul ex-joueur du Red Star avec qui cela ne passait pas. Paradoxal, pour un ex-entraîneur du Red Star…Ce jour-là, mon coach n’avait pas son mot à dire. Il se faisait tout petit. Pourtant il voulait me garder, mais ne pouvait l’exprimer, il était comme manipuler. Soi-disant, j’ai eu des échos comme quoi j’étais ingérable. A cause de mon travail à l’école ? De certains accrochages avec mes entraîneurs ? Bref, je fus reconvoqué une semaine plus tard. De retour dans le bureau, après avoir réfléchi, ils m’ont demandé qu’elle était ma position. Je leur ai dit que c’était plus à eux de me dire ce qu’ils désiraient de faire de moi. Ils ont insisté pour que cela soit moi qui prenne les devants, histoire de se déresponsabiliser.  Finalement, j’ai choisi de partir, je ne pouvais rester plus longtemps dans ce contexte, avec des préjugés me visant.

 

13- Tu parles de conflits avec tes entraîneurs, peux-tu nous relater les faits ?

 

Il est vrai que j’ai un sacré caractère, avec beaucoup de fierté…Alors parfois, c’est allé au clash avec mes entraîneurs, mais toujours dans le cadre du sportif. Ces moments-là m’ont servi pour la suite. Mais quand je repense à ma non-sélection pour la Gambardella au profit de certains 85 qui n’en n’avaient rien à faire de cette compétition, ça m’a déçu. En plus, ils se sont fait éliminer rapidement. Parfois, ils prenaient même nos places en 18 ans, ce qui toutefois nous a permis d’aller en CFA. Je pense y avoir fait mes preuves aussi, notamment contre la réserve de Lens et l’US Roye. J’aurais mérité d’avoir à nouveau ma chance…

 

14-  Pourquoi avoir choisi Sedan ? Avais-tu d’autres contacts ?

 

Le Mans était aussi intéressé. Sedan m’a voulu sans faire d’essai. Sportivement et financièrement, cela me correspondait. Ils m’ont proposé d’intégrer le groupe pro, chose impossible au PSG…J’ai fait la reprise avec la CFA2, alors qu’au PSG, Vahid Halilhodzic ne voulait même pas en entendre parler, sauf concernant Lorik Cana.

 

15-  Y as-tu bien été accueilli  en tant que Parisien ?

 

J’y ai été très très bien accueilli, Sedan m’a tout de suite séduit. La reprise s’est bien déroulée, j’étais très content. L’environnement y était différent de celui de Paris. Je suis passé de la Capitale à la campagne. Beaucoup de changements d’un coup. Je suis également passé du CFA à mon propre appartement. J’avais beaucoup plus de liberté, j’ai commencé à gérer mon début de carrière dans les Ardennes. C’était un peu dur, mais plaisant. De plus, j’ai évolué à mon poste préféré, à savoir milieu défensif. J’y ai joué un an et demi en CFA2.

 

16-  Puis direction l’Ecosse, drôle de destination ?

 

Encore à cause d’un conflit avec le coach de la réserve. Lorsque j’étais dans le groupe pro, j’ai eu une altercation avec un jeune stagiaire-pro, on m’a écarté par la suite. Je supportais mal les remarques, j’ai tout de même continué à m’entraîner normalement. Un jour, la réserve a fait une opposition contre les pros, on ne m’a même pas laissé jouer une seule minute. Etant donné, que j’étais sous-contrat, j’aurais pu faire venir un huissier, mais je n’ai pas cherché à le faire…Je me suis donc entraîné tout seul dans mon coin. Aucun supérieur hiérarchique à mon entraîneur n’a quelque-chose. Je me suis senti, sali, jeté…Quand, je suis revenu en Janvier, ma situation était inchangée, toujours sans aucun dialogue. Alors je suis parti en Ecosse, par le biais d’un agent. J’étais convoqué pour faire un essai de deux jours, et finalement j’y ai signé mon premier contrat pro au bout d’une journée au sein du club de Falkirk, en D1.

 

17-  Que de changements entre Paris et Sedan, mais encore plus entre la France et l’Ecosse ?

 

Tout s’y est très bien passé ! J’y ai joué beaucoup de matches, tout le monde avait confiance en moi. Imaginez, j’y ai joué mon premier match à Celtic Park contre le Celtic Glasgow, impressionnant !!! Le foot est une religion en Ecosse. A Paris, c’est difficile de circuler pour un joueur pro sans être reconnu et abordé…Alors qu’en Ecosse, on nous fait signe de la main, un petit bonjour, et la vie continue ! C’est hyper tranquille. Les gens ont beaucoup de respect vis-à-vis de l’homme en général. Je ne me suis jamais senti rejeté par rapport à ma couleur, aucun signe de racisme. Il y avait beaucoup de Trinidadiens, Portugais, Ecossais…Mais aucun français ! Alors dur dur d’être loin de sa famille…Le club m’avait aidé pour l’hôtel, puis pour un appartement. Ils m’ont aidé à communiquer avec mes proches. Une personne venait faire le ménage et m’apporter mon courrier. Mon voisin était Trinidadien, c’est en conversant avec lui que j’ai appris à parler anglais. Même pas besoin de cours ! C’est dans la vie de tous les jours qu’on apprend le mieux. Sinon, question foot, le jeu y est beaucoup plus direct, plus aérien, plus physique.

 

18- Quels sont les premiers souvenirs qui te reviennent à l’esprit suite à cette escapade à l’étranger ?

 

Surtout le plaisir que j’ai pu prendre. Malgré mon jeune âge, les gens avaient beaucoup d’attente envers moi. L’ambiance était fabuleuse, j’ai été très bien intégré. J’étais couvé, comme dans un cocon. Malheureusement, je n’y suis resté que six mois, alors que le club souhaitait me faire prolonger. Mais l’éloignement familial fut parfois difficile à vivre. J’ai donc opté pour un retour en France, à Guingamp.

 

19- Dans quelles conditions as-tu signé en Bretagne ?

 

Patrick Rémy recherchait un arrière gauche. Il était intéressé par mon profil et m’a permis de faire une semaine d’essai. Je n’étais pas enchanté par le poste, mais je me suis dit pourquoi pas ! Mon essai fut concluant, j’ai donc effectué par la suite une semaine de stage avec le groupe pro. J’y ai signé un contrat professionnel de deux ans. Ma première année fut très bonne, malgré plusieurs blessures, dont une rupture des ligaments croisés en fin de saison. C’était l’année de l’apprentissage où j’ai pu jouer beaucoup de matches officiels, au poste de défenseur central, d’arrière gauche et aussi de milieu défensif. Le coach était satisfait. Malheureusement Patrick Rémy a été licencié. Un autre entraîneur est arrivé. Je suis revenu de blessure par la suite, après une longue réeducation, le courant n’est pas très bien passé entre nous. Avait-il eu des échos négatifs sur moi ? En tout cas, il m’a pris de très haut…

 

20- Pourtant ton retour avait été plus que concluant, n’est-ce pas ?

 

Oui, tout à fait, j’étais revenu à un très haut niveau, tout au moins le même que mes coéquipiers. J’avais une telle envie, une telle confiance en moi, que beaucoup de monde avait été surpris que je revienne aussi fort…J’ai effectué 2-3 matches en CFA avant d’intégrer le groupe pro, mais je ne suis jamais entré en jeu. Le coach ne me donnait aucun conseil, aucun mot gentil…J’encaissais et je bossais. A la fin de la saison, il m’a dit d’aller en CFA. Le coach de la CFA m’a mis remplaçant, je ne pouvais même pas bénéficier de temps de jeu. Sans aucune explications ! On m’a dit que si je n’étais pas content, que c’était la même chose ! Je n’ai jamais pu voir le Président, ni converser avec Victor Zvunka…Et comme j’étais en fin de contrat, je suis donc parti dans de mauvaises conditions. Je suis allé faire un essai à Aberdeen en Ecosse. Le coach avait eu de très bons échos me concernant. Lors de mon premier entraînement, j’ai su les convaincre de me garder. J’ai donc pu participer à un stage de pré-saison aux Pays-Bas. Mais lors du deuxième jour, je me suis déchiré l’adducteur ! Tout est parti en l’air…Je suis allé me soigner à Clairefontaine. Ce fut une grosse blessure, environ dix centimètres à l’IRM…Les kinés écossais m’ont fait prendre des anti-inflammatoires pour ma déchirure, chose inadmissible ! J’avais encore mal le lendemain…Ils ont cru que c’était un prétexte pour partir, soi-disant…Encore des préjugés !

 

21- Comment vis-tu la période actuelle ?

 

C’est difficile depuis trois mois…Ne pas toucher le ballon et ne pas être en arrêt de travail, est difficilement supportable. Ne pas pouvoir répondre favorablement aux quelques contacts est frustrant.

 

22- Comment tes proches vivent-ils ta situation ?

 

Ils me disent que j’ai les qualités nécessaires pour réussir. Ils pensent que je peux avoir une longévité dans le football, mais que quelque part, il y a du gâchis…

 

23- Quel est ton rêve suprême ?

 

Actuellement, trouver un club pour pouvoir m’exprimer…Sans pépin, sans problème avec les coachs, ni blessures…Juste démontrer que je peux bien faire…

 

24- Quels sont les principales dangers pour une jeune apprenti-footballeur ?

 

Il y en a beaucoup…Il faut être bien entouré, avoir un réel soutien de la part des siens…Attention à la solitude lorsqu’on s’exile…Elle peut "tuer" ! Les sorties, les virées nocturnes, peuvent également être "mortelles"…

 

25- Si je te dis le mot "football" à quoi penses-tu ?

 

Au plaisir !

 

26- Qu’emmènerais-tu sur une île déserte ?

 

Un ballon, ma copine et mon téléphone portable.

 

27- Des regrets vis à vis du PSG ?

 

…Oui…Surtout vis à vis de mes relations avec mes supérieurs…

 

28- Je te laisse le mot de la fin…

 

Bonne chance au PSG !!! J’aime beaucoup ce club malgré ce que j’ai pu y vivre…J’en suis parti par la petite porte, peut-être reviendrais-je par la plus grande…

 

Son "11-Type" du CFA du PSG =

 

1-Cousin

 

2-Baca  5-Badiane 4-Bamba  3-Gazeau

 

6-Gamiette

8-Cana           10-Haddad

 

11-Lucau  9-Anelka  7-Diedhiou

 

 

Propos recueillis par Nyto.

 

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Publié par le 8 décembre 2008 dans INTERVIEWS

 

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